
Les neurosciences et la respiration
Si le terme de neurosciences est légèrement anachronique quant à la période de création de la sophrologie, il est tout à fait à propos quant au champ de recherches qui la valide.
Respirer de manière contrôlée a des effets mesurés sur l’amygdale, la zone du cerveau qui sert de « centrale d’alerte émotionnelle » ; ainsi que sur l’hippocampe, la partie qui relie souvenirs et émotions, et qui est un des piliers de la mémoire.
Les techniques de respiration contrôlée permettent ainsi une meilleure régulation émotionnelle, tant d’un point de vue de gestion du stress « pur », que de la coloration sentimentale des pensées et souvenirs.
Comment ça marche ? (une explication simplifiée)
La respiration dépend à la fois du système nerveux autonome et du système nerveux volontaire : nous pouvons influer volontairement sur notre respiration en nous concentrant sur elle, et quand on cesse d’y penser, on continue de respirer de manière automatique.
En passant par cette fonction corporelle à la fois volontaire et autonome, on peut influer (plus ou moins fortement) sur certaines parties inconscientes de notre cerveau – et par la même de notre psyché.
L’autosuggestion positive
C’est un des piliers méconnus de la sophrologie, qui explique pourquoi il faut répéter plusieurs fois les exercices vus en séance : l’autosuggestion positive ne s’ancre qu’ainsi.
La démonstration des effets de l’autosuggestion positive provient des travaux effectués par le training autogène de Schultz, une méthode d’autohypnose qui vise à déstresser en passant par un travail de sensations auto-suggérées (pesanteur, chaleur, connexion…).
Cette méthode est toujours utilisée à l’heure actuelle en psychologie, en psychiatrie et dans la médecine du sport (pour aider les athlètes à performer plus efficacement, via la visualisation). C’est une des héritières de la fameuse méthode Coué qui, bien qu’ayant des limites, a également fait ses preuves (notamment en illustrant le pouvoir de la répétition sur le cerveau, ainsi que le pouvoir de la pensée positive).
Comment ça marche ? (Une explication simplifiée)
On ne sait pas vraiment ! Plusieurs chercheurs ont pu mettre en avant les effets de l’autosuggestion et de l’autohypnose, notamment via les recherches sur l’effet Placebo… Mais les conclusions sont encore à étayer.
Une explication grossière des mécanismes de l’autosuggestion serait que le cerveau a du mal à faire la différence entre « le réel » et « l’imaginaire », entre le signal et son origine. Exemple : imaginez tenir un fruit que vous aimez entre vos doigts. Imaginez la texture de sa peau, son poids. Imaginez maintenant que vous le portez à vos lèvres, que vous en sentiez l’odeur… Maintenant, voyez vous en train de croquer le fruit. Sentez son contact avec vos dents, les morceaux qui se déposent sur votre langue, le jus qui s’écoule dans votre gosier…
Si vous imaginez bien la scène, vous aurez de la salive en bouche. Et pourtant, il y a de fortes chances qu’en lisant ce texte, vous ne soyez pas en train de manger un fruit. Votre imaginaire a provoqué une réaction physiologique. (Ce phénomène, qui explique également partiellement pourquoi nous sommes émus dans l’Art, tiendrait entre autres aux fameux neurones miroirs.)
L’autosuggestion positive entend extrapoler cet effet du psychologique vers le physiologique.


Les pratiques méditatives et corporelles orientales
Alfonso Caycedo a été très marqué par sa rencontre avec les mouvements du Yoga et avec les méditations Zen (notamment en marchant), ces pratiques qui ont empiriquement aidé nombre de personnes à aller mieux (avant même que les protocoles scientifiques permettant de mesurer ces améliorations n’existent).
Devant s’adapter à une patientèle hospitalisée, il a simplifié le plus possible certains mouvements de ces disciplines pour les rendre accessibles, tout en essayant d’en conserver le maximum d’effets.
Comment ça marche ? (une explication simplifiée)
Le système nerveux, dont notre cerveau est le principal représentant, est fait pour bouger, pour évoluer dans notre environnement qu’est la planète (et le reste de l’univers). D’où l’importance de bouger régulièrement (même de manière tranquille) pour rester en bonne santé.
La méditation, quant à elle, modifie de manière positive nos ondes cérébrales momentanément, ce qui permet la détente et une meilleure régulation du stress, ainsi que l’optimisation de certaines capacités cérébrales et émotionnelles.
En combinant les deux pratiques, on permet une synergie positive, un cercle vertueux pour notre cerveau.
