Critique ciné sans prétention

Il y a quelques jours, je suis allé voir le film Yoroï, réalisé par David Tomaszewski et Orelsan ; parce que j’ai beaucoup aimé le précédent projet cinématographique de ce dernier Comment c’est loin, et parce que le cinéphile amateur que je suis aimerait voir davantage de projets de Genre français. Ah, et j’ai aimé plusieurs des morceaux de l’artiste en grandissant, ça participe.
Les fans d’Orelsan apprécieront, parce que c’est tout son univers depuis des décennies qu’il charrie ici, autant le looser magnifique que l’énorme geek. Les fans de bon films pourront apprécier aussi, malgré les défauts du projet. La fin est un peu précipitée, et certains auront leur suspension consentie de l’incrédulité mise à mal.
Ceux qui sont sensibles aux questions de la santé mentale aimeront sans aucun doute ce film (ou, au moins, salueront l’effort).
Au cas où ce n’était pas clair : j’ai aimé ce film en tant que tel, pas juste en tant que support thérapeutique potentiel. Oui, il a des défauts intrinsèques, notamment scénaristiques, mais ses qualités cinématographiques (scénaristiques, photographiques, musicales…) les compensent largement à mes yeux. Et je l’ai aimé davantage en tant que thérapeute, car ce film parle surtout de santé mentale : on suit Orelsan qui s’installe en catimini dans la campagne japonaise pour fuir un environnement devenu toxique alors qu’il va devenir papa. Et à partir de ce moment, des monstres l’attaquent toutes les nuits.
Comme à l’habitude d’Orelsan depuis plusieurs projets maintenant (on se rappelle de sa punchline : « les choses dont j’ose parler à personne sont celles qui remplissent des stades »), on explore l’intime, les insécurités, l’angoisse. Cela fait du bien. Plusieurs personnes commentent sous les clips de l’artiste à quel point ses chansons ont aidé lors d’épisodes dépressifs. Et c’est heureux, surtout dans une France où la santé mentale est encore un tabou, encore plus pour les hommes.
Rappelons l’une des fonctions de l’Art : aider les individus à se transcender, à se dépasser.

L’une des raisons pour lesquelles nous nous réunissions autour du feu pour raconter des aventures épiques, des récits émouvants et des histoires terrifiantes, c’était pour apprendre à réguler nos émotions, à dépasser nos peur pour les exorciser de nous-mêmes et ainsi baisser notre stress. Des études prouvent les bienfaits de raconter des histoires qui font peur aux enfants pour ces raisons.
Aristote parlait également du pouvoir cathartique des récits, son analyse continue d’être validée ! (Hitchock lui-même avait pour ambition d’aider ses spectateurs à faire leur psychanalyse via ses films).
Plusieurs thérapies psychologiques aident les individus et leurs cerveaux à réécrire leur propre histoire pour dépasser leur souffrance !
Cette tradition de la narration comme thérapie est explicitement assumée dans Yoroï, puisque le film parle explicitement des yokaïs (monstres du folklore japonais) comme des métaphores des tourments intérieurs des humains (et ici, d’Orelsan lui-même).
Alors que vous ayez aimé Yoroï ou non, plongez vous dans divers récits littéraires ou cinématographiques, et puisez dans leur force pour aller mieux dans votre quotidien ! Et si ça ne suffit pas, osez franchir le pas et pensez à consulter.
Références :
https://www.dovepress.com/the-effect-of-storytelling-on-anxiety-and-behavioral-disorders-in-chil-peer-reviewed-fulltext-article-PHMT
https://www.psychreg.org/bedtime-stories-boost-children-sleep-emotional-well-being-research-finds/
https://www.radiofrance.fr/franceinter/hitchcock-realisateur-psychanalytique-8670493
#Yoroi #Orelsan #CinémaFrançais #FilmDeGenre #CritiqueDeFilm #SantéMentale #Psychologie #ThérapieParLArt #ArtEtPsychologie #ÉmotionsHumaines #Catharsis #DéveloppementPersonnel #Vulnérabilité #OrelsanFans #Inspiration #RécitThérapeutique #BienÊtrePsychologique #Cinéphile #Introspection #Créativité
