Nous sommes des corps-esprits

Diviser le corps et l’esprit, l’erreur fondamentale.

Nous avons tous entendu des dictons et aphorismes tels que « l’esprit est au-dessus de la matière », « tout est dans la tête »… Cette approche, typiquement occidentale, oppose le corps à l’esprit. C’est à la fois une des idées reçues les plus tenaces de notre société, et une de ses plus grandes limites.

L’une des raisons pour laquelle cette approche persiste, c’est qu’elle est relativement efficace pour résoudre certains problèmes. L’idée que l’esprit surpasse le corps nous permet d’aller faire du sport (et donc de prendre soin de nous) en nous motivant malgré la fatigue. Elle peut aussi nous aider à oublier la douleur quand on vient de se blesser et qu’on doit aller chercher secours, entre autres exemples plus draconiens.

Le risque de considérer le corps et l’esprit comme séparés, c’est de négliger l’un ou l’autre quand les deux sont concernés.

Citons la dépression : de nos jours, beaucoup savent qu’elle est un désordre psychologique ayant des conséquences neurologiques, ce qui entraîne un cercle vicieux faisant tomber davantage le corps et l’esprit dans un état négatif. Mais peu savent que la dépression peut démarrer dans le sens inverse : un désordre physiologique entraînant des conséquences psychologique (et mise en place d’un cercle vicieux) ! Et sans cette connaissance, les soins nécessaires peuvent être retardés.

Le potentiel inexploré

L’idée reçue de cette séparation a une autre conséquence : elle empêche de considérer qu’on peut passer par le corps pour soigner l’esprit, et vice-versa ! Et pourtant ce sont des approches très efficaces.

Prenons le domaine médical, domaine concret entre tous : une étude de 2002 (Kielcot-Glaser et al, in Psychology, vol. 53) indique que des patients recevant des émotions positives et du soutien social guérissaient plus vite et mieux. Une autre étude, de 2023 (Graske et al, PubMed), tend à montrer que des patients dont l’affect émotionnel est pris en charge réagissent mieux et plus vite aux soins médicaux.

Cela marche aussi dans l’autre sens : les techniques de respiration pour calmer le stress et l’anxiété se sont démocratisées, avec des effets qui ne sont plus à démontrer. On peut citer la respiration au carré, la marche afghane, et tant d’autres… Dans notre monde contemporain, où la surmédicamentation est un problème concret, redécouvrir des techniques pour prendre soin de son esprit passant par le corps est une formidable opportunité.

Restaurons la connexion !

La santé mentale est officiellement devenu une priorité nationale. C’est heureux. Le bénéfice caché d’une bonne santé mentale, c’est qu’elle favorise une bonne santé physique… Et vice-versa ! Alors travaillons cette connexion, cet ensemble corps-esprit magnifique que nous sommes. Nous en sortirons tous davantage complets.

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